A l'occasion du troisième congrès ordinaire du parti Restaurer l'Espoir, Candide Azannaï, le président de cette formation politique a axé son discours sur la question de la crédibilité. Extrait de ses propos: "En s’appuyant sur Sandy Allgeier, nous pouvons comprendre mieux l’intérêt que revêt la crédibilité politique. « Si vous n’êtes pas crédibles, les gens ne vous feront pas confiance. S’ils ne vous font pas confiance, vous ne parviendrez pas à les convaincre. Et si vous ne parvenez pas à les convaincre, vous ne pourrez pas régler les problèmes, innover ou diriger ». Car la confiance ne s’achète pas. Elle se mérite. Elle est essentielle à la réussite de toute  entreprise. Elle permet d’inspirer confiance. Elle permet à l’entourage de l’acteur public d’adhérer à ses idéaux. Nous voudrions partager également avec cette auguste assistance quelques ingrédients de base que nous empruntons à Renée Parent à propos de la crédibilité."

Voici l'intégralité de son discours.

Adrien Houngbédji, l’actuel président de l’Assemblée nationale du Bénin, a insisté sur "l’impérieuse nécessité d’une réforme approfondie [du] système partisan [béninois]" afin de réduire le nombre de partis politiques, d’instaurer plus de démocratie en leur sein, de les amener à se bâtir autour de projets de société etc. M. Patrice Talon, actuel président de la République du Bénin, dans son discours d’investiture le 6 avril 2016 a également jugé utile de "souligner avec force, que l’enracinement démocratique [du Bénin] est largement tributaire du système partisan [qui est celui des Béninois] et des valeurs qu’ensemble nous envisageons de promouvoir." 

 Que les responsables des deux plus grandes institutions de la démocratie béninoise insistent, à leur prise de fonction, sur l’urgence d’initiatives pour sauver le système partisan du pays ne devrait pas être une surprise. En effet, la dynamique qui s’observe depuis quelques années au niveau de la configuration de l’espace partisan du pays est inquiétante et même porteuse de risques voire de menaces. Le tableau ci-dessous montre de manière claire qu’il y a longtemps que le Bénin n’a pratiquement plus de parti politique digne de ce nom (à l’exception du Parti du renouveau démocratique (PRD), et encore). Ils sont au fil du temps remplacés par des coalitions éphémères et à géométrie extrêmement variable.

Par Mathias Hounkpè, politologue

Le processus de réformes politiques et institutionnelles commencé au Bénin il y a quelques mois pourrait, semble-t-il, être bientôt finalisé. A ce jour, une quasi-unanimité se dessine sur la nécessité de réformer le système partisan béninois, ce qui n’est pas le cas concernant la façon dont on s’y prend pour y parvenir. Dans un article publié il y a quelques semaines sur  les facteurs à prendre en compte dans la réforme des partis politiques au Bénin, des éléments qui pourraient être déterminants dans ce processus ont été partagées. Un autre aspect de la question reste tout de même à clarifier, notamment les considérations relatives au financement des partis politiques.

En politique, l’organisation interne et le fonctionnement des partis ainsi que la qualité de leur contribution à la gestion des affaires publiques exigent la disponibilité de ressources financières. L’origine, mais également l’utilisation faite de ces ressources mobilisées peuvent affecter la qualité de la gouvernance démocratique dans un pays. Elles peuvent surtout affecter la participation des citoyens, l’équité et la justice, etc.