«  La Corruption au Bénin : Tel un serpent de mer ». C’est le titre du recueil de 10 dossiers d’enquêtes réalisées par le pool des Journalistes enquêteurs de la Maison des médias (Mdm). C’était au cours d’une cérémonie symbolique de lancement qui s’est déroulée au siège de l’organisation le mardi 16 juin 2020.

En présence d’une cinquantaine de personnes composées de diplomates, de représentants d’organisations de la société civile, de représentants des associations faîtières de profession, des journalistes et autres. Il est revenu au représentant du pool des journalistes enquêteurs, Domar Logbo, journaliste à l’hebdomadaire spécialisé Educ’Action, de présenter brièvement le contenu du document.

En effet le recueil est le fruit d’enquêtes journalistiques financées par Open Society Initiative for West Africa ( Osiwa)) dans le cadre de la mise en œuvre du «  Projet pour des Médias plus professionnels au Bénin Phase II » de la Mdm. Au total, le document comporte 10 dossiers d’enquêtes dans divers domaines : Education, finances, société et autres.

Dans chacun des domaines les articles ont révélé les multiples facettes de la corruption qui sévissent au Bénin malgré les différentes initiatives prises par les gouvernants pour lutter contre le fléau. Quelques morceaux choisis. Le dossier intitulé : « Encadrement de mémoires et thèses à l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) : Les étudiants à l’épreuve du rançonnement » a mis à nu les deux dimensions de lacorruptions dont sont victimes les étudiantes et étudiants dans ce haut lieu du savoir. Il s’agit de l’argent et du sexe. Dans un autre article publié dans le recueil sur le Fonds des arts et de la culture (Fac), il a été démontré que les soupçons de retro-commission sont persistants. Deux articles portant, l’un sur le Tarif extérieur commun (Tec) et l’autre sur la transhumance ont révélé que ces secteurs sont des nids de corruption. Par ailleurs deux dossiers conduits sur le lotissement dans la Commune d’Abomey-Calavi ont montré comment la corruption constitue un cancer pour la conduite des travaux avec la complicité de l’administration publique. Plusieurs autres sujets abordés comme sur le Fonds d’appui pour le développement des Communes (FADeC) et le secteur routier ont fait ressortir bien des aspects de la mauvaise gestion des subventions de l’Etat et d’autres fonds.

En somme, les initiatives sont nombreuses pour lutter contre la corruption ; mais le mal résiste au grand dam des populations et des pouvoirs publics.