RAPPORT GENERAL  

SUR LE SEMINAIRE DE RENFORCEMENT DE CAPACITE DES

PATRONS DE PRESSE POUR UN NOUVEAU MODE DE FINANCEMENT DES MEDIAS

GRAND POPO du 22 au 23 FEVRIER 2018

 

 Le Conseil Nation du Patronat de la Presse et de l’audiovisuel du Bénin, a organisé un séminaire de renforcement de capacités des patrons de presse sur le  Thème : Comment conquérir le Financement des PTF pour des Entreprises de Presse libres. Ce séminaire a eu pour cadre l’Hôtel Bel Azur de Grand Popo les  jeudi 22 et vendredi 23 Février 2018. L’objectif principal dudit séminaire est de permettre aux patrons de presse d’avoir des informations fiables sur des PTF susceptibles de financer les projets de développement de leurs entreprises.

Il a enregistré la participation, d’une trentaine de patrons de presse.

La cérémonie d’ouverture présidée par Basile TCHIBOZO, Président du Conseil National du Patronat de la Presse et de l’Audiovisuel du Bénin a connu la présence de François AWOUDO, Consultant médias et processus électoraux.

Elle a été marquée aussi par deux allocutions, celle du Président du comité d’organisation et  celle du Président du CNPA, qui ont montré l’importance d’un nouveau mode de financement des médias.

Autour du thème central, la première communication a été exposée par le consultant média François AWOUDO et  porte sur le thème : Financement public des Etats aux médias

C’est par une citation du journaliste Jérôme Carlos, que François AWOUDO a bien voulu planter le décor de sa communication. Je cite : « la liberté de la presse n’a pas de prix. Mais elle a un coût ». Le ton vient d’être donné. Selon le communicateur, et s’inspirant sur la citation évoquée plus haut, c’est à bon droit  que les médias, précisément les organes de presse, bénéficient du coup d’une aide financière de l’Etat. Mais, il invite les séminaristes à reconnaître,  que cette pratique est diversement appréciée selon qu’il s’agit de pays à tradition essentiellement anglo-saxon ou  francophone. La précision est vite faite car selon le communicateur, les aides étatiques aux entreprises de presse se présentent généralement sous deux formes : les aides directes et les aides indirectes. Une fenêtre a été ouverte sur le cas de quelques pays aux expériences significatives en Afrique puis, sur l’Occident et l’Europe en particulier. Le conférencier a attiré l’attention des séminaristes sur le cas du Maroc et de la Tunisie où, la presse est autorisée à accepter des financements extérieurs sous réserve de les signaler à l’attention des pouvoirs publics. L’objectif étant, de s’assurer que les médias ne reçoivent pas de financement provenant du terrorisme. En ce qui concerne le financement étatique aux médias européens,  trois principaux types d’aide publique à la presse ont été identifiés. Il s’agit d’aide directe, d’aide indirecte et mixte conciliant les deux principaux types d’appui à la presse.

La France selon le communicateur, est un pays où l’Etat a très tôt compris que l’aide à la presse est une aide au lecteur, aux fins de permettre aux citoyens de disposer de l’information la plus large possible grâce à la pluralité des publications, et d’être ainsi en mesure de participer à la vie publique.

La Belgique quant à elle  accorde  des tarifs préférentiels aux communications téléphoniques des rédactions. Ces mécanismes d’aide sont garantis par des arrêtés  et des lois. 

Dans le cadre de l’aide indirecte, le Luxembourg n’a pas annulé la TVA pour la presse. Il l’a plutôt réduit considérablement, passant d’un taux normal de 15% à 3%. Pendant qu’en Suède, au Danemark, aux Pays-Bas et en Autriche, la presse bénéficie aussi des aides. Mais, la presse ne bénéficie d'aucune aide directe dans les pays  comme l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume-Uni et la Suisse 

Pour conclure sa communication, le conférencier, a affirmé qu’il n’y a rien d’anormal au sujet de l’aide qu’accorde l’Etat aux entreprises de presse. Pour lui, c’est en réalité  une prime à la sauvegarde de la démocratie. Si dans ces grands pays,  l’Etat continuent de soutenir la presse, il va de soi que les médias africains encore plus fragiles ont plus que besoin de cet accompagnement salvateur. C’est sur cette note confortative et pleine d’espoir, que le conférencier a achevé sa première présentation.

La seconde communication a attiré plus l’attention des séminaristes car elle porte sur un sujet d’intérêt : SOURCE ET PROCEDURES DE FINANCEMENT DES MEDIAS PAR LES PTF. Elle a été présentée par François AWOUDO.

Dans son mot introductif, le conférencier a essayé de contextualiser l’environnement  dans lequel, la plupart des pays occidentaux évoluent en mettant en place des financements pour accompagner le développement des médias en Afrique. Comment doivent alors procéder ces médias béninois en l’occurrence, pour mettre la chance de leur côté et obtenir ces appuis financiers ? Pour répondre à cette interrogation, le conférencier a segmenté son travail en deux parties : la première partie porte sur  le fondement du financement des médias par les PTF et la deuxième partie porte  sur les procédures de financement.  Un cas pratique viendra conclure sa communication.

Le conférencier, dans une démarche méthodologique est allé dans le vif du sujet permettant aux uns et aux autres de percevoir les principaux PTF qui continuent d’accompagner les médias africains.

 A titre d’exemples, le conférencier a cité  les agences de coopération internationale de plusieurs pays comme le Canada (ACDI), le Danemark (DANIDA) la Suisse (DCC), la Finlande (FINNIDA), la GIZ (Allemagne), la Norvège (NORAD), les Etats-Unis (USAID) …

Il existe, par ailleurs, des agences de coopération dites multilatérales (à l’opposé de celles précédemment) et qui acceptent d’intervenir directement auprès des entreprises de presse. Les plus connues sont : l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), notamment à travers son Fonds d’appui aux entreprises de presse francophone des pays du Sud, le Fonds d’appui à la radio et le Fonds des inforoutes. Tel est également le cas de l’UNESCO à travers son Programme international pour le développement de la communication (PIDC ) .

S’agissant des agences de coopération multilatérales (OIF et PIDC en l’occurrence), elles peuvent appuyer des projets d’intérêt commun comme la mise en place ou le renforcement des capacités des observatoires et des maisons de la presse, par exemple avec des procédures de financement bien adéquates et des  critères d’éligibilité.

En définitif, le conférencier invite les médias béninois à faire davantage preuve de rigueur dans leur management axé sur des outils modernes et crédibles puis sur des professionnels de qualité, si tant qu’ils veulent  continuer à obtenir des subventions publiques étrangères.

Un débat fructueux et interactif a permis aux participants d’approfondir les questions suivantes :

1-Avec le contexte béninois, les banques peuvent –ils financer les entreprises de presse

2-Le Fonds d’appui aux entreprises de presse francophone des pays du Sud, existe –il

3-Qu’elle est l’image de la presse aux yeux des partenaires ?

4-A quand remonte le financement d’un organe par  l’OIF ?

5-N’y a-t-il pas des cas de journaux qui ont bénéficié de l’aide  et qui gèrent mieux ?

Les échanges qui ont suivi ces questions ont permis de faire apparaitre les éclairages suivants

1-Les banques peuvent bien financier les entreprises de presse, lorsque vous proposer un projet bancable

2-Le conférencier est resté dubitatif, puisqu’il a siégé dans la commission il y a de cela 4 ans. Il compte se renseigner pour apporter plus de précisions

3- La presse béninoise s’est nettement améliorée

4-La  dernière aide de l’OIF remonte à 2013

5- Plusieurs journaux ont bénéficié de l’aide de l’OIF et sont encore là ; il s’agit entre autre du progrès, le Télégramme, la Presse du Jour, l’Evènement précis…

La troisième communication a pour thème : le Financement des PTF, mode opératoire. Elle a été présentée par le Secrétaire Général du CNPA Bénin, Vincent Fortuné ASSOGBA, le principal conférencier, Maurice THANTAN étant absent. L’objectif principal de cette communication est de connaître les PTF capables de financer des médias, maitriser leur mode opératoire et leurs exigences. On peut citer entres autres, OSIWA, Open Society Initiative for West Africa. Elle finance les thématiques comme la santé, les droits de l’homme et la justice, la redevabilité et la gouvernance. CFI, Agence française de coopération médias est  l’unique opérateur qui met en œuvre l’aide au développement français dans le secteur des médias dans les pays en voie de développement. CFI Médias accompagne essentiellement les radios, les télévisions et la presse en ligne. Elle n’est pas bailleur. Mais elle a la capacité de mobiliser des ressources auprès d’autres financiers. Africa Media Ventures Fund quant à elle mobilise des capitaux et de l'expérience aux Pays-Bas pour investir dans des entreprises du secteur des médias et des petites et moyennes entreprises de médias africains. Leur investissement en capital varie de 20 000 $ à 200 000 $. Code for Africa, est la plus grande initiative de journalisme de données et de technologie civique en Afrique, opérant à travers le continent pour accélérer l'expérimentation numérique et la transformation dans les salles de rédaction.

Impact AFRICA est un fonds de 500 000 dollars pour le journalisme de données pionnier et les reportages innovants qui traitent de questions de développement, comme les soins de santé publics. L'African Media Initiative (AMI) est une organisation panafricaine qui cherche à renforcer le secteur des médias privés et indépendants du continent du point de vue du propriétaire et de l'opérateur afin de promouvoir la gouvernance démocratique, le développement social et la croissance économique. Il le fait à travers une série d'activités stratégiques visant à transformer le paysage des médias et des communications sur le continent.

Autres moyens de se tenir au courant des opportunités de financements :

Google Alertes : Google Alerts ou Google Alertes est un service qui envoie un e-mail ou une alerte lorsqu'une nouvelle page web correspondant aux mots-clés que l'on a choisi, apparaît dans les résultats Google.

Quelques apports et contributions ont meublé cette communication qui n’est rien d’autre que la suite de celle présentée par François AWOUDO.

C’est au Président du CNPA de présenté la dernière communication au titre de cette première journée. Il a pour thème : de l’aide de l’Etat à la Presse privée au FADEM. Il est question ici  de passer en revue, la consistance de 2 formes d’aide. Une aide conditionnée et permise par un décret, et la seconde qui revêt le statut de loi, les 2 ayant  en commun  l’objectif ultime et noble de l’appui à la profession médiatique en république du Benin. Après avoir fait le récit de l’aide de  la presse au Benin le communicateur Sur la base  de l’observance du paysage médiatique avec près de 120 journaux, 37 radios communautaires, 10 chaines de télévision  et plus de 15 radios commerciales, trouve pertinent et impérieux d’aller au fonds. Une  solution envisagée par les associations faitières en collaboration avec l’ensemble des professionnels des médias .Plusieurs études ont déjà été menées dans le cadre de la mise en place de cet outil qui reste pour la communauté des médias, la panacée par laquelle la presse pourrait retrouver ses lettres de noblesse. Pour finir, le conférencier a rappelé que ce fonds doit être doté d’au moins 02 milliards de francs pour son démarrage, ce qui n’est pas encore le cas et ce qui depuis plusieurs mois est le cheval de bataille du patronat de la presse au Bénin.

Suite à cette brillante présentation, des points de clarifications ont été abordés par les participants

Question : A la question de savoir ce qui empêche la mise en œuvre du fond

Réponse : Le président a été on ne peut plus claire. Les faîtières sont prêtes, la haac de même. Il affirme que nous attendons le gouvernement.

Question : Pourquoi le nom de DOGO, lorsqu’on sait que les conseillers ont un mandat

Réponse : A cette préoccupation, le conférencier  a fait savoir que c’est la Haac qui par courrier a envoyé son représentant et il se fait, qu’il a pour nom DOGO

Question : Au niveau du conseil d’administration on connaît déjà les noms. Est-ce qu’ils siègeront tout le temps ?

Réponse : Mais non ! s’exclama le conférencier. Ils se feront remplace au terme de leur mandat, car ce sont les présidents des faîtière qui siègent

Question : Avec l’échec de la centrale d’Achat, il urge d’explorer d’autres sources de financement.

Réponse : Sur le sujet, le conférencier, a reconnu, qu’il y a eu mauvaise gestion. Mais précise qu’il n’y a pas d’inquiétude à se faire, dans la mesure où la centrale et le fond ne sont pas identiques. Avec la centrale, on était entre nous avec un comité de gestion qu’il qualifie de cataclysmique. 

Plusieurs autres questions très pertinentes ont été posées par les participants et les réponses appropriées leurs ont été servi.

La journée du jeudi 22 février 2018, s’est achevée à 18h 03 mn avec la constitution de trois ateliers

Atelier1 : Financement des PTF : Mode Opératoire composé de :  Géoffroy MENSAH, Maxime LOGBO, Félix AHOYO, Richard FASSINOU, Tiburce KONFO, Sabin LOUMEDJINOU, Dieu Donné KATAKOULA comme Président  et Jocelyne ZOSSOUNGBO, comme rapporteur.

 

Atelier 2 : Quel lobbing pour la mise en place du FADEM, composé de : Adrien ATINKPATO, Sébastien GUIDI, Blaise TOSSOU, Goras GBETIE, Fataou AMOUSSA, Jonas BOTCHI, Armel FERAEZ, et Pricile KPOGBEME, Euloge GANDAHO, Président et Aurélien AISSOUN, Rapporteur

 

Atelier3 : Proposition de déclaration générale sur le nouveau mode de financement des médias au Bénin, composé de , Basile TCHIBOZO, Fortuné ASSOGBA, Cyrille SAÎZONOU, Moudachirou SOUBEROU, hervé AGBODJOGBE,  Saturnin Comlan , Vitali BOTON, HOUNKPE, Florian GBAGUIDI, Président , comme rapporteur, Alain Z. ADOUN

 

La deuxième journée du séminaire s’ouvre à 9h avec pour point fort, les travaux en atelier et de leur restitution avec pour modérateur, le Vice-Président du CN PA, Sabin LOUMEDJINON. Un tour de table a été fait et chaque participant sans langue de bois a exprimé sa joie et bonheur d’avoir pris part à ce séminaire. Si pour d’aucuns ils fustigent l’absence des autres patrons de presse, compte tenu de l’importance que revêt cette formation, les autres dans un sursaut de satisfaction, retiennent qu’ils viennent de gagner en matière d’informations sur des sources de financement, toute chose qui oxygèneront dans les  jours à venir leurs entreprises  Le Président a exprimé clairement que le CNPA, ne saurait marginaliser personne. Cinq séminaires ont été organisés, et à chaque étape, ce sont des têtes nouvelles, mais en tenant compte de chaque ère géographique avec toutes les formes de médias, las radios, les télévisions, la presse écrite et les médias en ligne, soit plus de 150 personnes, patrons de presse, sans tambour ni trompette.  .  En définitif, la formation a répondu aux attentes des participants dans la mesure où elle intervient dans un environnement où les patrons de presse sont dans une  sécheresse financière et  en impasse de trésorerie très accrue. Autant certains avaient des préoccupations qui ont trouvé satisfaction, autant la participation des communicateurs a été très active.

 De manière globale, pour les participants, le contenu de la formation a été dense, intéressant et enrichissant, les échanges francs et fructueux. La modération assurée de main de maître par florian GBAGUIDI a été excellente et la logistique très bonne.

Des recommandations ont été formulées:

Dans son discours de clôture, le Présent a remercié l’ensemble des acteurs ayant pris part à l’organisation effective de ce séminaire.C’est sur des mots de satisfactions empruntes d’espérances, que le Président, a déclaré clôt à 13h30mn le séminaire de renforcement de capacité des Patrons de presse  pour un nouveau mode de financement des médias.

 

                                                                              Grand Popo, le vendredi 23 Février 2018

                                                                               Le Rapporteur Général,

                                                                                Saturnin Comlan HOUNKPE

 

 

 

 

 

 

 

 

L'Observatoire de la déontologie et de l'Ethique dans les médias (ODEM) a rappelé les journalistes béninois à l'ordre à l'occasion d'une conférence de presse tenue à Cotonou ce 14 février 2018. Dans ses propos liminaires, le président de l'Odem a rappelé à l'ordre les journalistes qui, depuis un certain temps, s'adonnent à la publication d'informations tronquées, diffamatoires et fausses, parfois contre paiement de sommes d'argent. 

"Ce qui se passe aujourd’hui n’honore guère la presse et il faut que les  violeurs des règles, les marchands ou commerçants tapis dans notre milieu et qui s’écartent de nos textes fondamentaux  rentrent immédiatement dans les rangs pour éviter d’être exposés comme des brebis galeuses", a martelé Guy Constant Ehoumi. 

Voici l'intégralité de ses propos liminaires. 

 

CONFERENCE DE PRESSE DE L ODEM

Propos liminaire du Président

 

L’Observatoire de la déontologie et de l’éthique dans les médias remercie chacun de vous pour avoir répondu à son invitation.

L’heure est grave pour la presse béninoise et c’est avec grande peine que nous nous retrouvons devant vous.

Nous y sommes surtout parce que conformément aux statuts de l’ODEM , il a entre autres pour objectifs de :

- Faire observer les règles de déontologie et d’éthique dans les médias,

- Protéger le droit du public à une information libre, complète, honnête et exacte.

- Défendre la liberté de presse.

Distingués participants à la présente conférence de presse, l’image que projettent certains acteurs des médias est inquiétante, désolante.

Plus grave, elle affiche une violation permanente de la déontologie de notre métier  et tend à ancrer dans la tête de certains concitoyens que la presse béninoise perd les pédales ou simplement s’écarte des normes et surtout de la place de choix qu’elle occupait, il y a jusque quelques années.

Devant cette réalité, le tribunal des pairs qu’est l’ODEM se sent interpellé et prend alors ses responsabilités pour remettre les pendules à l’heure.

Chers participants, le rôle essentiel des médias est d’informer, d’éduquer et de distraire.

Mais ce travail exige des acteurs des médias et des organes et entreprises de presse, le professionnalisme.

 

Ceci est traduit entre autres par l’article 2 du code de déontologie qui dispose que « Le journaliste publie uniquement les informations dont l’origine, la véracité et l’exactitude sont établies.

Le moindre doute l’oblige à s’abstenir ou à émettre les réserves nécessaires dans les formes professionnelles requises.Le traitement des informations susceptibles de mettre en péril la société, requiert du journaliste, une grande rigueur professionnelle et, au besoin, une certaine circonspection ».Ensuite, le code ajoute que « Le journaliste s’interdit le plagiat, la calomnie, la diffamation, l’injure et les accusations sans fondement. ».

Mais force est de constater aujourd’hui que des gens publient des informations dont les contenus laissent à désirer. Des titres sont ronflants à la Une, mais les contenus ne tiennent pas la route. Certains s’adonnent aussi à des commentaires injurieux dont ils ne maitrisent souvent pas les sujets. Et comme si cela ne suffisait pas et en violation de l’article 13, certains publient un même article dans plusieurs journaux et signés de différentes personnes. Parfois ils mettent les mêmes titres à la Une comme s’il s’agissait de journaux siamois.

Sur certaines radios et télévisions, ce sont les journalistes qui confondent leur rôle de commentateur à celui de défenseurs de courants politiques en lieu et place de contradicteurs que leur devoir premier recommande d’aller rechercher pour les mettre sur le plateau et laisser les auditeurs et téléspectateurs apprécier. Certains commentaires cousus de propos diffamatoires où des journalistes s’érigent en donneurs de leçons prennent largement la place des investigations documentées. 

 

Rien et absolument rien ne peut justifier ce manque de professionnalisme si les journalistes connaissent vraiment leurs devoirs. Le dernier rapport du Système  national d’intégrité sur le Bénin expose une perte de confiance du public sur la qualité des informations données par les journalistes. Mieux, le public constate plus des informations payées, achetées donc pas bonnes encore moins professionnelles qui lui sont offertes. Tout se passe comme si l’on banalise ou tolère la corruption.

C’est pour cela que nous ne saurions occulter la disposition sur l’intégrité des acteurs des médias et surtout des journalistes précisée à l’article 5 en ces mots « En dehors de la rémunération qui lui est due par son employeur dans le cadre de ses services professionnels, le journaliste doit refuser de toucher de l’argent ou tout avantage en nature des mains des bénéficiaires ou des personnes concernées par ses services, quelle qu’en soit la valeur et pour quelque cause que ce soit.

Il ne cède à aucune pression et n’accepte de directive rédactionnelle que des responsables de la rédaction.

Le journaliste s’interdit tout chantage par la publication ou la non-publication d’une information contre rémunération ».

 

Ce qui se passe aujourd’hui n’honore guère la presse et il faut que les  violeurs des règles, les marchands ou commerçants tapis dans notre milieu et qui s’écartent de nos textes fondamentaux  rentrent immédiatement dans les rangs pour éviter d’être exposés comme des brebis galeuses dont la place n’est pas dans les médias béninois qui depuis 1990, se sont forgés une image enviable qui a pu les hisser au premier plan des rapports d’observations des structures extérieures. Le préambule de notre Code de déontologie les y invite et cette conférence sonne comme un vibrant avertissement. Chers participants à la présente conférence de presse, voilà l’état des lieux déshonorant que nous devons tous nous engager à corriger.

Une fois encore, merci à vous d’avoir répondu présents à l’invitation de l’ODEM.

Soyez nos porte-voix auprès de tous ceux qui ne sont pas ici mais qui portent entorse à l’image de presse béninoise à travers leur violation permanente des textes.

                                                                                Je vous remercie

 

 


Soixante-cinq journalistes ont été tués dans le monde en 2017, déplore l'ONG Reporters sans Frontières (RSF) dans son bilan annuel publié mardi 19 décembre. Cinquante étaient des professionnels chevronnés, sept des "journalistes-citoyens" (blogueurs) et huit des "collaborateurs de médias".

Les pays à risque se vident de leurs journalistes

Ce bilan fait de 2017 l'année la moins meurtrière depuis quatorze ans pour les journalistes professionnels, note l'ONG basée à Paris. Si moins de journalistes ont été tués dans le monde en 2017 par rapport à 2016 (un chiffre en baisse de 18 %) c'est, estime RSF, en raison de "la prise de conscience croissante de la nécessité de mieux protéger les journalistes et la multiplication des campagnes menées en ce sens par les organisations internationales et les médias eux-mêmes". Mais aussi par le fait que "des pays, devenus trop dangereux, se vident de leurs journalistes". "C'est le cas de la Syrie, de l'Irak, du Yémen, de la Libye où l'on assiste à une hémorragie de la profession", déplore RSF.

Sur les 65 journalistes (professionnels et non-professionnels) tués au cours de l'année, 39 ont été assassinés, ou sciemment visés, et 26 sont morts dans l'exercice de leurs fonctions.

"Le Mexique est le pays en paix le plus dangereux au monde pour les reporters"

Comme en 2016, la Syrie demeure le pays le plus meurtrier pour les reporters avec douze journalistes tués recensés, devant le Mexique (11), l'Afghanistan (9), l'Irak (8) et les Philippines (4).Si les conflits armés mettent en péril la vie des journalistes qui couvrent ces guerres, dans des pays comme le Mexique "des cartels et des politiques locaux font régner la terreur" contraignant aussi nombre de journalistes à "quitter leur pays ou leur profession". "Le Mexique est le pays en paix le plus dangereux au monde pour les reporters", souligne RSF.

Au pays des cartels de la drogue, les journalistes qui traitent de la corruption de la classe politique ou du crime organisé sont quasi systématiquement visés, menacés, voire exécutés. Cela a notamment été le cas de Javier Valdez Cardenas, journaliste chevronné de 50 ans, collaborateur de l'AFP et de médias locaux, froidement assassiné le 15 mai.

326 journalistes en prison, 54 otages de groupes armés

Outre les journalistes assassinés, RSF dénombrait, au 1er décembre 2017, un total de 326 journalistes emprisonnés pour avoir exercé leur profession dont 202 journalistes professionnels, 107 blogueurs et 17 collaborateurs des médias.

Si la tendance générale est là aussi à la baisse, certains pays se démarquent au contraire par un nombre inhabituel de journalistes prisonniers cette année. C'est le cas du Maroc où un journaliste professionnel, Hamid El Mahdaoui, quatre blogueurs et trois collaborateurs de médias sont actuellement détenus pour leur couverture de la révolte populaire qui agite la région du Rif depuis fin 2016.

Mais c'est cependant la Chine qui détient le record des journalistes emprisonnés avec 52 d'entre eux sous les verrous devant la Turquie (43), la Syrie (24), l'Iran (23) et le Vietnam (19).

À ce jour, note encore RSF, 54 journalistes dont 44 journalistes professionnels, sont retenus en otages principalement par des groupes armés, et 22 pour la seule organisation État islamique.

Avec AFP

Le concours de meilleur journaliste d'investigation initié par la Maison des médias Thomas MEGNASSAN dans le cadre de la mise en œuvre de son  projet « Pour des Médias plus professionnels au Bénin » financé par Open Society initiative  for west africa ( OSIWA)a connu son épilogue. Ce mercredi 20 décembre 2017, le jury a décerné ce prix au journaliste de Banouto, Hervé Kingbewe. C'était en présence des professionnels des médias, patrons de presse, amis et parents du regretté Badou Jérôme.

Le lauréat de la première édition du concours de meilleur journaliste d'investigation dédié à feu Jérôme Adjakou Badou est connu. Il s'agit de Yao Hervé Kingbewe, journaliste de Banouto. Le jury composé de Michel Tchanou, Fernand Nouwligbeto et Maître Brice Houssou a apprécié l'enquête du journaliste intitulé : « Corruption en milieu carcéral au Bénin : Concussion et pots-de-vin su menace de tortures dans les prisons ». Ainsi Yao Hervé Kingbewe part avec le prix dédié à une icône, figure de proue en investigation journalistique qui a fait parler de lui durant sa carrière Il est parti avec un tchèque de mille dollars et un trophée à l'image de la carte du Bénin de couleur noire dont l'intérieur en fond blanc comporte un smartphone et un stylo.  

Des témoignages faits sur feu Jérôme Adjakou Badou par des collaborateurs proches de lui ainsi que des amis l'ayant côtoyé, il ressort qu'il a été un brillant  journaliste d'investigation jusqu'à sa mort. Deux témoignages venant des amis du feu Jérôme Badou en fonction à l'organisation Internationale de la francophonie, un du Congo et bien d'autres des amis béninois notamment François Awoudo et Fernand Nouwligbèto. "Jérôme Badou Adjakou est un homme à trois visages mais complémentaire. Un citoyen engagé, défenseur de la cause noble, plein de rigueur... " a témoigné Fernand Nouwligbèto, ancien journaliste de l'Agence proximité que Jérôme Adjakou avait dirigée. Selon Fernand Nouwligbeto, "Il ne s'agit pas à la maison des médias de donner un prix, mais de proposer une voie à suivre ". 

Pour sa part, le président de l'observatoire de déontologie et l'éthique dans les médias (Idem), Guy Constant Ehoumi a martelé que les professionnels des médias ont une lourde responsabilité en matière d'enquête journalistique. Jérôme Adjakou a planté un arbre que tous nous sommes appelés à arroser pour qu' il grandisse, a indiqué Guy Ehoumi. Le président de l'Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb) Franck Kpochéme et celui du Conseil national de la presse et audiovisuel (Cnpa) Basile Tchibozo ont respectivement salué l'initiative du directeur de la maison des médias qui selon eux vient de poser les jalons de l'investigation pour le rayonnement de la presse au Bénin. Alain Sessou, est inspiré du projet média pour le développement du regretté Père André Quenum, son collaborateur selon Franck Kpocheme qui promet accompagner cette initiative. 

Hervé Kingbewe a remporté la première édition du prix Jérôme Adjakou Badou de la maison des médias auquel onze journalistes ont postulé. Ce prix composé d'un chèque de mille dollars soit cinq cent mille et un trophée fait la fierté du journaliste de  Banouto entouré au cours de cette soirée de ses collaborateurs. Pour le lauréat, il s'agit d'une grande responsabilité et d'un challenge. Il n'entend pas reculer. C'est également le souhait de l'épouse du feu Jérôme Adjakou qui dans son intervention lance: "Soyez tous des Jérôme Badou".

 

L’Organisation des Nations Unies pour l’Enfance (Unicef) fait don de deux caméras à la Maison des Médias Thomas Mègnassan. La cérémonie de réception a eu pour cadre l’auditorium de cette structure des médias ce lundi 20 novembre 2017.

 La Maison des médias Thomas Mègnassan a réceptionné deux nouvelles caméras dont la valeur est estimée à plus de six millions de francs Cfa ce lundi. Un don de l’Organisation des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) pour soutenir et encourager les initiatives de cette structure des médias. Selon Hyppolite DJIWAN, responsable à la communication à l’UNICEF Bénin, le geste s’inscrit dans le cadre du partenariat entre les deux institutions. Il témoigne que c’est avec une grande satisfaction qu’il  procède à la remise de ces matériels de travail à la Maison des médias devant un parterre de journalistes et une délégation de l’UNICEF.